Marché du travail
Après une rupture conventionnelle : que faire ?

Que faire après une rupture conventionnelle — les 6 premières semaines clés
Tu as signé. Le contrat est terminé. Et maintenant, il y a un vide entre le soulagement et la question qui s'impose : concrètement, tu fais quoi ?
Les 6 premières semaines après une rupture conventionnelle sont déterminantes. Ce que tu fais, ou ne fais pas, pendant cette période conditionne le montant que tu vas toucher, le moment où tu vas le toucher, et la qualité du rebond qui suit.
Ce que disent les chiffres sur la rupture conventionnelle en France
Un dispositif massif qui commence à se stabiliser
En 2024, 538 400 ruptures conventionnelles ont été signées en France, selon les données publiées par la DARES. C'est le premier recul du dispositif depuis 2013, une baisse de 1 % par rapport à 2023, dans un contexte de marché de l'emploi qui se resserre. Ce léger recul masque une réalité contrastée : les cadres continuent d'y recourir davantage, avec une hausse de 5,7 %, tandis que les employés et ouvriers sont moins nombreux à en bénéficier.
Ce qui frappe dans ces chiffres, c'est la disparité des indemnités. L'indemnité médiane globale s'établit à 1 500 euros en 2024. Mais derrière cette moyenne : 4 720 euros pour les cadres, 900 euros pour les employés, 1 140 euros pour les ouvriers. Autrement dit, une rupture conventionnelle ne crée pas les mêmes conditions de rebond selon ton statut.
Ce que beaucoup ne savent pas sur les délais
Et c'est là que les gens perdent du temps et de l'argent.
Selon la DARES 2024, un salarié sur quatre attend plus d'un mois avant de recevoir son premier paiement d'allocation chômage après une rupture conventionnelle. Ce délai n'est pas un bug du système, il est mécanique : un délai de carence incompressible de 7 jours s'applique à tout le monde, auquel s'ajoutent un différé lié aux congés payés non pris et un différé calculé sur les indemnités supra-légales perçues.
La durée moyenne d'indemnisation est de 11 mois selon la DARES 2024, mais l'accès à cette indemnisation peut être décalé de plusieurs semaines si tu n'agis pas vite après la rupture.
Nouveau depuis septembre 2026 : la durée est plafonnée
Une règle est entrée en vigueur le 1er septembre 2026 et change la donne. Pour les fins de contrat par rupture conventionnelle individuelle intervenant à compter de cette date, la durée maximale d'indemnisation est désormais de :
15 mois pour les allocataires de moins de 55 ans, contre 18 mois auparavant
20,5 mois pour les allocataires de 55 ans et plus, contre 27 mois auparavant
En outre-mer hors Mayotte, les plafonds sont portés à 20 et 30 mois. Les allocataires de 55 ans et plus peuvent demander une prolongation à France Travail, accordée après examen de leurs démarches de recherche d'emploi ou de leur projet professionnel.
Seule la rupture conventionnelle individuelle est visée. La rupture conventionnelle collective, le licenciement et la fin de CDD ne sont pas concernés.
Ce que ça change pour toi : la fenêtre de rebond est plus courte qu'avant. Les six semaines décrites dans cet article étaient déjà déterminantes, elles le sont encore davantage aujourd'hui.
Semaines 1 et 2 : les démarches qui ne peuvent pas attendre
S'inscrire à France Travail dans les meilleurs délais
C'est la priorité absolue des premiers jours. Tu disposes de 12 mois après la fin de ton contrat pour t'inscrire à France Travail, mais chaque jour d'attente décale d'autant le début de tes droits. Le délai de carence ne commence à courir qu'à partir de la date d'inscription, pas de la date de fin de contrat.
L'inscription se fait en ligne sur francetravail.fr. Elle prend environ 20 minutes. Elle déclenche le calcul de tes droits et la mise en place de ton projet personnalisé d'accès à l'emploi.
Vérifier le montant de son indemnité de rupture et de son ARE
Deux chiffres à connaître précisément :
L'indemnité de rupture déjà perçue à la fin du contrat, et notamment la part supra-légale si elle existe. C'est elle qui détermine la durée de ton différé d'indemnisation.
Le montant de ton ARE, l'allocation d'aide au retour à l'emploi, calculée par France Travail sur la base de ton salaire journalier de référence. Le simulateur sur francetravail.fr permet d'en avoir une estimation avant même l'ouverture officielle des droits.
Me Olivier Picquerey, avocat associé en droit social au cabinet A&O Shearman, le souligne dans Hellowork 2024 : la rupture conventionnelle est potentiellement moins longue et moins coûteuse qu'un licenciement, et elle ouvre le droit aux allocations chômage pour l'ancien salarié. Mais les conditions précises de cette ouverture de droits, notamment les différés, méritent d'être vérifiées au cas par cas.
Anticiper sa trésorerie pour le premier mois
Un mois sans revenu, ça peut suffire à déstabiliser une situation financière. Si ton différé est long, planifie en conséquence : report d'abonnements, contact préventif avec ta banque si tu as un crédit, activation d'une aide d'urgence si nécessaire.
Ce n'est pas alarmiste, c'est du bon sens.
Semaines 3 et 4 : le temps de la réflexion
Ne pas se précipiter vers la première offre venue
La rupture conventionnelle offre quelque chose de rare : du temps. Du temps financé, même si l'indemnisation est désormais plus courte. La tentation est forte de combler ce vide rapidement par une nouvelle recherche dans le même secteur, sur le même type de poste. Pour certains, c'est la bonne décision. Pour d'autres, c'est passer à côté d'une occasion de vraiment choisir.
La question à se poser honnêtement en semaine 3 : est-ce que je quitte ce poste pour aller vers quelque chose de précis, ou est-ce que j'avais surtout besoin de partir ? La réponse change toute la stratégie.
Commencer à explorer sans s'engager
C'est le bon moment pour élargir le champ des possibles, pas pour signer un contrat. Regarder des secteurs que tu n'as jamais sérieusement envisagés. Parler à des gens dans des métiers différents. Faire le point sur ce qui t'a manqué dans ton poste précédent et ce que tu veux trouver dans le prochain.
Un utilisateur de Will Oriente nous a écrit après sa rupture conventionnelle dans la grande distribution : « J'ai utilisé l'appli le soir pendant ma première semaine, juste pour voir. J'avais l'impression que mon profil n'était bon que pour ce que j'avais toujours fait. En swipant, j'ai découvert des métiers dans la logistique et la coordination de projets où mes compétences s'appliquaient directement. Ça a changé ma direction. »
En quelques minutes sur Will Oriente, tu peux explorer plus de 1 600 fiches métier issues de la base France Travail et identifier ce qui te correspond vraiment, pas seulement ce que tu connais déjà. Nos utilisateurs en reconversion en parcourent en moyenne 120 avant d'en retenir un : c'est le temps normal qu'il faut quand on n'a connu qu'un seul secteur.
Semaines 5 et 6 : construire le projet, pas juste la recherche d'emploi
Identifier si une formation est nécessaire, et laquelle
Une étude de la DARES publiée en janvier 2025 est sans ambiguïté : les formations longues augmentent significativement les chances d'obtenir un entretien d'embauche pour les candidats en reconversion, les rapprochant des profils issus de la formation initiale. Les formations courtes ont un effet plus limité.
Ce chiffre ne veut pas dire que tout le monde doit se former. Il veut dire que si tu vises un secteur où tu n'as pas de légitimité immédiate, une formation longue vaut le coût et le temps. Et les dispositifs existent pour la financer sans interrompre tes droits chômage. Notre article sur les aides à la reconversion fait le point sur le CPF, le PTP et la démission-reconversion.
Utiliser le CEP avant que ton conseiller France Travail ne t'oriente
Le conseil en évolution professionnelle est un accompagnement gratuit, indépendant de France Travail, qui permet de construire son projet avec un conseiller spécialisé. Il est ouvert à tous les actifs, y compris les demandeurs d'emploi. Il reste très sous-utilisé.
La différence avec le suivi France Travail classique : le CEP est centré sur ton projet, pas sur ta recherche d'emploi immédiate. C'est précisément ce dont tu as besoin en semaine 5 et 6. Notre article sur la reconversion professionnelle détaille comment l'utiliser efficacement.
Le récapitulatif des 6 semaines
Semaine | Priorité | Action concrète |
|---|---|---|
S1 | Administratif urgent | S'inscrire à France Travail, vérifier ses droits |
S2 | Finances | Calculer son ARE, anticiper le différé, planifier sa trésorerie |
S3 | Réflexion | Identifier pourquoi on est parti et ce qu'on cherche vraiment |
S4 | Exploration | Swiper des métiers, parler à des professionnels, élargir le champ |
S5 | Formation | Évaluer si une formation est nécessaire, identifier les dispositifs |
S6 | Projet | Rencontrer un conseiller CEP, valider ou affiner son projet |
Pour aller plus loin
Si tu n'as pas encore signé et que tu es en train de négocier ton départ, notre article Rupture conventionnelle 2026 : comment l'obtenir et à quel prix détaille la procédure, l'indemnité minimale et les changements de cette année.
Et si tu cherches ta direction plutôt que ton prochain poste, la page ton profil professionnel et le guide Idées de métiers : 60 pistes selon ton profil pro sont un bon point de départ.
Conclusion
Une rupture conventionnelle, c'est une rupture. Et comme toutes les ruptures, elle crée un moment de vulnérabilité, financière, identitaire, organisationnelle, et une fenêtre d'occasion que beaucoup referment trop vite.
Les 6 premières semaines ne sont pas faites pour trouver le prochain emploi à tout prix. Elles sont faites pour s'assurer que le prochain emploi est un choix, pas juste une fuite vers la prochaine case disponible.
Et toi, si tu pouvais changer une seule chose dans ton rapport au travail grâce à cette rupture, ce serait quoi ?
Questions fréquentes
Quand s'inscrire à France Travail après une rupture conventionnelle ?
Le plus tôt possible après la fin de ton contrat. Tu disposes de 12 mois pour t'inscrire, mais chaque jour de retard décale d'autant le début de ton indemnisation. Le délai de carence de 7 jours minimum commence à courir à partir de la date d'inscription, pas de la date de fin de contrat.
Combien de temps avant de toucher le chômage après une rupture conventionnelle ?
Au minimum 7 jours après ton inscription à France Travail. En pratique, la plupart des gens attendent entre 3 et 8 semaines, selon leurs congés payés non pris et le montant de leurs indemnités supra-légales. Selon la DARES 2024, un salarié sur quatre attend plus d'un mois avant le premier paiement. Attention également à la durée : depuis le 1er septembre 2026, l'indemnisation après une rupture conventionnelle individuelle est plafonnée à 15 mois pour les moins de 55 ans et 20,5 mois pour les 55 ans et plus.
La durée du chômage après une rupture conventionnelle a-t-elle changé ?
Oui. Depuis le 1er septembre 2026, la durée maximale d'indemnisation est plafonnée à 15 mois pour les allocataires de moins de 55 ans, contre 18 mois auparavant, et à 20,5 mois pour les 55 ans et plus, contre 27 mois. Ces règles s'appliquent aux fins de contrat fixées par la convention de rupture à compter de cette date. La rupture conventionnelle collective n'est pas concernée.
Peut-on se reconvertir pendant le chômage après une rupture conventionnelle ?
Oui, et c'est souvent le moment idéal. Tu peux suivre une formation financée par le CPF tout en percevant l'ARE. Dans certains cas, le projet de transition professionnelle prend le relais avec un maintien de salaire. La DARES a montré en 2025 que les formations longues augmentent significativement les chances d'obtenir un entretien en reconversion.
Quel est le montant moyen d'une indemnité de rupture conventionnelle ?
Selon la DARES 2024, l'indemnité médiane globale est de 1 500 euros. Elle varie fortement selon le statut : 4 720 euros pour les cadres, 900 euros pour les employés, 1 140 euros pour les ouvriers. Cette indemnité est nette d'impôts dans la plupart des cas, sous certains plafonds, et elle n'entre pas dans le calcul de l'ARE.
Peut-on travailler ou créer une entreprise après une rupture conventionnelle ?
Oui, sous conditions. Travailler en parallèle de l'ARE est possible mais réduit le montant de l'indemnisation. Créer une entreprise est compatible avec l'ARE via le dispositif ACRE, ou en optant pour l'ARCE, qui verse 60 % des droits en capital. Ces deux options ont leurs avantages et leurs contraintes selon ton projet, à vérifier avec ton conseiller France Travail avant de choisir.
La rupture conventionnelle impacte-t-elle l'assurance de mon prêt immobilier ?
Oui, dans certains cas. Une part importante des contrats d'assurance emprunteur, estimée à environ 60 % selon Les Échos en 2024, exclut les ruptures conventionnelles de leur garantie perte d'emploi, car elles résultent d'un accord commun et non d'un licenciement unilatéral. Vérifie les termes de ton contrat avant de signer si tu as un crédit en cours.
Sources : Unédic, ce qui change au 1er septembre 2026, Unédic, droits après une rupture conventionnelle, France Travail, quand vais-je commencer à recevoir mon allocation, DARES, effet de la formation professionnelle.
Rédigé par l'équipage de Will Oriente. Mis à jour en septembre 2026, à jour du plafonnement de la durée d'indemnisation entré en vigueur le 1er septembre 2026.
Que faire après une rupture conventionnelle — les 6 premières semaines clés
Tu as signé. Le contrat est terminé. Et maintenant, il y a un vide entre le soulagement et la question qui s'impose : concrètement, tu fais quoi ?
Les 6 premières semaines après une rupture conventionnelle sont déterminantes. Ce que tu fais, ou ne fais pas, pendant cette période conditionne le montant que tu vas toucher, le moment où tu vas le toucher, et la qualité du rebond qui suit.
Ce que disent les chiffres sur la rupture conventionnelle en France
Un dispositif massif qui commence à se stabiliser
En 2024, 538 400 ruptures conventionnelles ont été signées en France, selon les données publiées par la DARES. C'est le premier recul du dispositif depuis 2013, une baisse de 1 % par rapport à 2023, dans un contexte de marché de l'emploi qui se resserre. Ce léger recul masque une réalité contrastée : les cadres continuent d'y recourir davantage, avec une hausse de 5,7 %, tandis que les employés et ouvriers sont moins nombreux à en bénéficier.
Ce qui frappe dans ces chiffres, c'est la disparité des indemnités. L'indemnité médiane globale s'établit à 1 500 euros en 2024. Mais derrière cette moyenne : 4 720 euros pour les cadres, 900 euros pour les employés, 1 140 euros pour les ouvriers. Autrement dit, une rupture conventionnelle ne crée pas les mêmes conditions de rebond selon ton statut.
Ce que beaucoup ne savent pas sur les délais
Et c'est là que les gens perdent du temps et de l'argent.
Selon la DARES 2024, un salarié sur quatre attend plus d'un mois avant de recevoir son premier paiement d'allocation chômage après une rupture conventionnelle. Ce délai n'est pas un bug du système, il est mécanique : un délai de carence incompressible de 7 jours s'applique à tout le monde, auquel s'ajoutent un différé lié aux congés payés non pris et un différé calculé sur les indemnités supra-légales perçues.
La durée moyenne d'indemnisation est de 11 mois selon la DARES 2024, mais l'accès à cette indemnisation peut être décalé de plusieurs semaines si tu n'agis pas vite après la rupture.
Nouveau depuis septembre 2026 : la durée est plafonnée
Une règle est entrée en vigueur le 1er septembre 2026 et change la donne. Pour les fins de contrat par rupture conventionnelle individuelle intervenant à compter de cette date, la durée maximale d'indemnisation est désormais de :
15 mois pour les allocataires de moins de 55 ans, contre 18 mois auparavant
20,5 mois pour les allocataires de 55 ans et plus, contre 27 mois auparavant
En outre-mer hors Mayotte, les plafonds sont portés à 20 et 30 mois. Les allocataires de 55 ans et plus peuvent demander une prolongation à France Travail, accordée après examen de leurs démarches de recherche d'emploi ou de leur projet professionnel.
Seule la rupture conventionnelle individuelle est visée. La rupture conventionnelle collective, le licenciement et la fin de CDD ne sont pas concernés.
Ce que ça change pour toi : la fenêtre de rebond est plus courte qu'avant. Les six semaines décrites dans cet article étaient déjà déterminantes, elles le sont encore davantage aujourd'hui.
Semaines 1 et 2 : les démarches qui ne peuvent pas attendre
S'inscrire à France Travail dans les meilleurs délais
C'est la priorité absolue des premiers jours. Tu disposes de 12 mois après la fin de ton contrat pour t'inscrire à France Travail, mais chaque jour d'attente décale d'autant le début de tes droits. Le délai de carence ne commence à courir qu'à partir de la date d'inscription, pas de la date de fin de contrat.
L'inscription se fait en ligne sur francetravail.fr. Elle prend environ 20 minutes. Elle déclenche le calcul de tes droits et la mise en place de ton projet personnalisé d'accès à l'emploi.
Vérifier le montant de son indemnité de rupture et de son ARE
Deux chiffres à connaître précisément :
L'indemnité de rupture déjà perçue à la fin du contrat, et notamment la part supra-légale si elle existe. C'est elle qui détermine la durée de ton différé d'indemnisation.
Le montant de ton ARE, l'allocation d'aide au retour à l'emploi, calculée par France Travail sur la base de ton salaire journalier de référence. Le simulateur sur francetravail.fr permet d'en avoir une estimation avant même l'ouverture officielle des droits.
Me Olivier Picquerey, avocat associé en droit social au cabinet A&O Shearman, le souligne dans Hellowork 2024 : la rupture conventionnelle est potentiellement moins longue et moins coûteuse qu'un licenciement, et elle ouvre le droit aux allocations chômage pour l'ancien salarié. Mais les conditions précises de cette ouverture de droits, notamment les différés, méritent d'être vérifiées au cas par cas.
Anticiper sa trésorerie pour le premier mois
Un mois sans revenu, ça peut suffire à déstabiliser une situation financière. Si ton différé est long, planifie en conséquence : report d'abonnements, contact préventif avec ta banque si tu as un crédit, activation d'une aide d'urgence si nécessaire.
Ce n'est pas alarmiste, c'est du bon sens.
Semaines 3 et 4 : le temps de la réflexion
Ne pas se précipiter vers la première offre venue
La rupture conventionnelle offre quelque chose de rare : du temps. Du temps financé, même si l'indemnisation est désormais plus courte. La tentation est forte de combler ce vide rapidement par une nouvelle recherche dans le même secteur, sur le même type de poste. Pour certains, c'est la bonne décision. Pour d'autres, c'est passer à côté d'une occasion de vraiment choisir.
La question à se poser honnêtement en semaine 3 : est-ce que je quitte ce poste pour aller vers quelque chose de précis, ou est-ce que j'avais surtout besoin de partir ? La réponse change toute la stratégie.
Commencer à explorer sans s'engager
C'est le bon moment pour élargir le champ des possibles, pas pour signer un contrat. Regarder des secteurs que tu n'as jamais sérieusement envisagés. Parler à des gens dans des métiers différents. Faire le point sur ce qui t'a manqué dans ton poste précédent et ce que tu veux trouver dans le prochain.
Un utilisateur de Will Oriente nous a écrit après sa rupture conventionnelle dans la grande distribution : « J'ai utilisé l'appli le soir pendant ma première semaine, juste pour voir. J'avais l'impression que mon profil n'était bon que pour ce que j'avais toujours fait. En swipant, j'ai découvert des métiers dans la logistique et la coordination de projets où mes compétences s'appliquaient directement. Ça a changé ma direction. »
En quelques minutes sur Will Oriente, tu peux explorer plus de 1 600 fiches métier issues de la base France Travail et identifier ce qui te correspond vraiment, pas seulement ce que tu connais déjà. Nos utilisateurs en reconversion en parcourent en moyenne 120 avant d'en retenir un : c'est le temps normal qu'il faut quand on n'a connu qu'un seul secteur.
Semaines 5 et 6 : construire le projet, pas juste la recherche d'emploi
Identifier si une formation est nécessaire, et laquelle
Une étude de la DARES publiée en janvier 2025 est sans ambiguïté : les formations longues augmentent significativement les chances d'obtenir un entretien d'embauche pour les candidats en reconversion, les rapprochant des profils issus de la formation initiale. Les formations courtes ont un effet plus limité.
Ce chiffre ne veut pas dire que tout le monde doit se former. Il veut dire que si tu vises un secteur où tu n'as pas de légitimité immédiate, une formation longue vaut le coût et le temps. Et les dispositifs existent pour la financer sans interrompre tes droits chômage. Notre article sur les aides à la reconversion fait le point sur le CPF, le PTP et la démission-reconversion.
Utiliser le CEP avant que ton conseiller France Travail ne t'oriente
Le conseil en évolution professionnelle est un accompagnement gratuit, indépendant de France Travail, qui permet de construire son projet avec un conseiller spécialisé. Il est ouvert à tous les actifs, y compris les demandeurs d'emploi. Il reste très sous-utilisé.
La différence avec le suivi France Travail classique : le CEP est centré sur ton projet, pas sur ta recherche d'emploi immédiate. C'est précisément ce dont tu as besoin en semaine 5 et 6. Notre article sur la reconversion professionnelle détaille comment l'utiliser efficacement.
Le récapitulatif des 6 semaines
Semaine | Priorité | Action concrète |
|---|---|---|
S1 | Administratif urgent | S'inscrire à France Travail, vérifier ses droits |
S2 | Finances | Calculer son ARE, anticiper le différé, planifier sa trésorerie |
S3 | Réflexion | Identifier pourquoi on est parti et ce qu'on cherche vraiment |
S4 | Exploration | Swiper des métiers, parler à des professionnels, élargir le champ |
S5 | Formation | Évaluer si une formation est nécessaire, identifier les dispositifs |
S6 | Projet | Rencontrer un conseiller CEP, valider ou affiner son projet |
Pour aller plus loin
Si tu n'as pas encore signé et que tu es en train de négocier ton départ, notre article Rupture conventionnelle 2026 : comment l'obtenir et à quel prix détaille la procédure, l'indemnité minimale et les changements de cette année.
Et si tu cherches ta direction plutôt que ton prochain poste, la page ton profil professionnel et le guide Idées de métiers : 60 pistes selon ton profil pro sont un bon point de départ.
Conclusion
Une rupture conventionnelle, c'est une rupture. Et comme toutes les ruptures, elle crée un moment de vulnérabilité, financière, identitaire, organisationnelle, et une fenêtre d'occasion que beaucoup referment trop vite.
Les 6 premières semaines ne sont pas faites pour trouver le prochain emploi à tout prix. Elles sont faites pour s'assurer que le prochain emploi est un choix, pas juste une fuite vers la prochaine case disponible.
Et toi, si tu pouvais changer une seule chose dans ton rapport au travail grâce à cette rupture, ce serait quoi ?
Questions fréquentes
Quand s'inscrire à France Travail après une rupture conventionnelle ?
Le plus tôt possible après la fin de ton contrat. Tu disposes de 12 mois pour t'inscrire, mais chaque jour de retard décale d'autant le début de ton indemnisation. Le délai de carence de 7 jours minimum commence à courir à partir de la date d'inscription, pas de la date de fin de contrat.
Combien de temps avant de toucher le chômage après une rupture conventionnelle ?
Au minimum 7 jours après ton inscription à France Travail. En pratique, la plupart des gens attendent entre 3 et 8 semaines, selon leurs congés payés non pris et le montant de leurs indemnités supra-légales. Selon la DARES 2024, un salarié sur quatre attend plus d'un mois avant le premier paiement. Attention également à la durée : depuis le 1er septembre 2026, l'indemnisation après une rupture conventionnelle individuelle est plafonnée à 15 mois pour les moins de 55 ans et 20,5 mois pour les 55 ans et plus.
La durée du chômage après une rupture conventionnelle a-t-elle changé ?
Oui. Depuis le 1er septembre 2026, la durée maximale d'indemnisation est plafonnée à 15 mois pour les allocataires de moins de 55 ans, contre 18 mois auparavant, et à 20,5 mois pour les 55 ans et plus, contre 27 mois. Ces règles s'appliquent aux fins de contrat fixées par la convention de rupture à compter de cette date. La rupture conventionnelle collective n'est pas concernée.
Peut-on se reconvertir pendant le chômage après une rupture conventionnelle ?
Oui, et c'est souvent le moment idéal. Tu peux suivre une formation financée par le CPF tout en percevant l'ARE. Dans certains cas, le projet de transition professionnelle prend le relais avec un maintien de salaire. La DARES a montré en 2025 que les formations longues augmentent significativement les chances d'obtenir un entretien en reconversion.
Quel est le montant moyen d'une indemnité de rupture conventionnelle ?
Selon la DARES 2024, l'indemnité médiane globale est de 1 500 euros. Elle varie fortement selon le statut : 4 720 euros pour les cadres, 900 euros pour les employés, 1 140 euros pour les ouvriers. Cette indemnité est nette d'impôts dans la plupart des cas, sous certains plafonds, et elle n'entre pas dans le calcul de l'ARE.
Peut-on travailler ou créer une entreprise après une rupture conventionnelle ?
Oui, sous conditions. Travailler en parallèle de l'ARE est possible mais réduit le montant de l'indemnisation. Créer une entreprise est compatible avec l'ARE via le dispositif ACRE, ou en optant pour l'ARCE, qui verse 60 % des droits en capital. Ces deux options ont leurs avantages et leurs contraintes selon ton projet, à vérifier avec ton conseiller France Travail avant de choisir.
La rupture conventionnelle impacte-t-elle l'assurance de mon prêt immobilier ?
Oui, dans certains cas. Une part importante des contrats d'assurance emprunteur, estimée à environ 60 % selon Les Échos en 2024, exclut les ruptures conventionnelles de leur garantie perte d'emploi, car elles résultent d'un accord commun et non d'un licenciement unilatéral. Vérifie les termes de ton contrat avant de signer si tu as un crédit en cours.
Sources : Unédic, ce qui change au 1er septembre 2026, Unédic, droits après une rupture conventionnelle, France Travail, quand vais-je commencer à recevoir mon allocation, DARES, effet de la formation professionnelle.
Rédigé par l'équipage de Will Oriente. Mis à jour en septembre 2026, à jour du plafonnement de la durée d'indemnisation entré en vigueur le 1er septembre 2026.
Rédigé par l'équipage de Will Oriente