Marché du travail
Notre rapport au travail : 2026 vs 1980
12 janv. 2026
Notre rapport au travail : 2026 vs 1980
Aujourd’hui, de plus en plus de jeunes expriment un mal-être ou une frustration face au monde du travail. La question qui revient en boucle : pourquoi ça coince autant ?
Pour répondre, on fait un petit voyage temporel : 1980 vs 2026. Spoiler : ce n’est pas “la flemme”. C’est surtout que le contrat a changé.
Le besoin de sens : d’un salaire suffisant à un impact concret
En 1980 : travailler, c’était d’abord subvenir aux besoins de sa famille. La priorité, c’était le salaire et la sécurité de l’emploi. Le “pourquoi je fais ça ?” passait après.
En 2026 : le sens est devenu un filtre majeur. Mais attention, ce n’est pas “le sens à la place de l’argent”. Beaucoup de jeunes veulent un job utile ET un job qui permet de vivre. Et quand tu n’as pas de sécurité financière, tu te sens moins bien… et tu trouves plus difficilement ton travail “meaningful”.
La santé mentale, un critère non négociable
En 1980 : stress, fatigue ? “Normal.” On glorifiait l’effort. Parler de santé mentale au boulot, c’était presque tabou.
En 2026 : c’est une ligne rouge. En France, on retrouve régulièrement l’idée qu’environ 1 salarié sur 4 se dit en santé mentale dégradée. Résultat : les jeunes veulent un cadre plus sain (charge de travail, manager, ambiance, sens), sinon ils se barrent vite.
Les bullshit jobs, de moins en moins tolérés
En 1980 : avoir un job prestigieux, même un peu vide, ça restait valorisant. Le poste, le costume, le bureau comptaient parfois plus que le contenu.
En 2026 : si tu ne comprends pas ton utilité, tu décroches. Et ça se voit dans l’engagement : à l’échelle mondiale, l’engagement reste faible, avec une grande majorité de salariés pas franchement “à fond”.
La liberté avant tout
En 1980 : horaires fixes, bureau obligatoire, hiérarchie stricte. Le cadre était figé… et accepté.
En 2026 : le rêve, c’est la flexibilité. En France, le travail hybride s’est installé : autour d’un salarié du privé sur cinq télétravaille (au moins de temps en temps), et le rythme s’est “normalisé” autour de presque deux jours par semaine pour ceux qui télétravaillent. Et le télétravail intensif (3 jours ou plus par semaine) est beaucoup moins répandu qu’au pic post-Covid.
Le modèle parental : une génération qui ne veut plus sacrifier sa vie
En 1980 : le travail était vu comme un devoir, un sacrifice pour assurer l’avenir.
En 2026 : beaucoup ont vu leurs parents s’épuiser sans reconnaissance. Ils veulent éviter ce schéma : plus de limites, plus d’équilibre, plus de respect. Et ils arrivent aussi sur un marché du travail plus anxiogène (notamment pour l’entrée dans la vie active).
Bonus : même quand “globalement ça va”, les jeunes sont souvent ceux qui déclarent le plus de déception au travail (on le voit bien dans certaines grandes enquêtes, par exemple aux États-Unis, où les moins de 25 ans sont nettement moins satisfaits que les plus âgés).
L’influence des réseaux sociaux
En 1980 : chemin “tout tracé” (études, job, retraite) et peu d’alternatives visibles.
En 2026 : sur TikTok, Insta, LinkedIn, tu vois des freelances, des entrepreneurs, des reconversions express, des nomades digitaux… donc tu compares (même quand c’est du montage). Et à l’échelle mondiale, les réseaux sociaux touchent une part énorme de la population.
Et maintenant, l’IA s’invite au boulot : elle accélère la pression “apprends vite, adapte-toi vite”. Une grosse partie des jeunes pensent que l’IA va changer leur manière de travailler très prochainement. En France, l’usage de l’IA au travail est déjà très répandu, surtout chez les 18–24 ans.
Tableau récapitulatif :
Partie | En 1980 | En 2026 | Ce que ça change concrètement |
|---|---|---|---|
Idée générale / intro | Le travail est un “contrat simple” : tu bosses, tu avances, tu sécurises ta vie | Le travail est devenu un “contrat négocié” : tu veux comprendre, choisir, ajuster | Ce n’est pas une “génération flemme”, c’est une génération qui n’accepte plus un modèle unique |
1) Sens | Priorité à la sécurité : salaire, emploi stable, trajectoire classique | Le sens devient un filtre majeur, mais l’argent reste indispensable | Les jeunes cherchent un job utile + viable financièrement, sinon ça décroche |
2) Santé mentale | Stress et fatigue “normaux”, on serre les dents, sujet tabou | Santé mentale = ligne rouge, on en parle, on fuit plus vite les environnements toxiques | Un mauvais management ou une charge ingérable te fait perdre des gens rapidement |
3) “Bullshit jobs” | Statut et prestige peuvent suffire, même si le contenu est vide | Si l’utilité est floue, désengagement rapide | Plus de “présence” sans implication, plus de départs si le job n’a pas de sens clair |
4) Liberté / cadre de travail | Bureau, horaires fixes, hiérarchie stricte, cadre accepté | Flexibilité attendue : hybride, télétravail “normalisé” | Le cadre rigide devient un repoussoir, la flexibilité est perçue comme un minimum |
5) Modèle parental / sacrifice | Travail = devoir, sacrifice pour l’avenir, tenir coûte que coûte | Refus de “payer sa vie” pour un job ; besoin d’équilibre et de respect | Les jeunes posent des limites, changent plus vite si c’est injuste ou épuisant |
5 bis) Entrée dans la vie active | Parcours plus lisible, insertion souvent plus “prévisible” | Marché plus anxiogène, notamment pour les jeunes | Plus d’incertitude = plus d’exigence sur la qualité du boulot (sinon ça ne vaut pas le stress) |
6) Réseaux sociaux | Moins d’exemples visibles, trajectoire plus “rail” | Comparaison permanente : freelances, reconversions, “vies idéales” | Plus de pression, plus de doutes, plus de remise en question sur “ce que je veux vraiment” |
6 bis) IA | Hors sujet (pas un facteur du quotidien) | L’IA accélère les changements : apprentissage rapide, peur d’être largué | Besoin de se former, de s’adapter, et d’avoir des jobs qui évoluent avec toi |
Conclusion | Le modèle “unique” tient : on bosse et on tient | Le modèle “unique” casse : attentes différentes (sens, santé mentale, flexibilité, niveau de vie) | Les jeunes rejettent surtout un travail rigide, opaque et usant ; ils veulent un deal plus sain |
Sources (ce que l’article cite) | / | Études sur sens, engagement, télétravail, santé mentale, chômage jeunes, réseaux sociaux, IA | Les chiffres servent à appuyer : ce n’est pas juste un ressenti individuel, c’est une tendance large |
CONCLUSION
Les jeunes ne rejettent pas le travail.
Ils rejettent un modèle figé, rigide, et parfois déconnecté de leurs réalités (sens, santé mentale, niveau de vie, flexibilité).
Ce n’est pas une crise de flemme. C’est une mise à jour des attentes.
Sources principales
https://datareportal.com/reports/digital-2026-two-in-three-people-use-social-media?
Le Monde (IPSOS) – Gen Z valorise équilibre, limite les sacrifices au boulot
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